63ème session de la commission sur la condition de la femme à New York : voici ce qu’a dit la ministre guinéenne de l’Action Sociale

Politiques
publié le 18-03-2019 11:21
63ème session de la commission sur la condition de la femme à New York : voici ce qu’a dit la ministre guinéenne de l’Action Sociale

Conakry, le 18 mars 2019 - Madame la Présidente, Au nom de la délégation qui m’accompagne je vous adresse, ainsi qu’aux membres de votre bureau, mes chaleureuses félicitations, suite à votre brillante élection à la présidence de la 63ème Session de la Commission sur la condition de la femme.

 

Je saisi cette opportunité, pour vous exprimer à vous, à tous les chefs de délégation, ma profonde gratitude et ma reconnaissance pour les messages de compassion et de solidarité adresser à mon pays pour le décès de notre compatriote en la personne de Madame Barry Mamayawa SANDOUNO.

 

Je félicite et remercie le Secrétaire Général pour son rapport détaillé qui sert de guide aux travaux de cette session.

Aussi, mon pays adhère à la déclaration du Groupe Africain, à celle du Groupe des 77 et de la Chine, et voudrait ajouter, en sa capacité nationale, ce qui suit :

 

Madame la Présidente,

 

La question d’autonomisation des femmes est inscrite dans l’Agenda mondial comme une des priorités majeures pour le développement.

 

Ce principe visant la réduction des inégalités entre hommes et femmes s’est matérialisé notamment dans le Programme de Développement Durable à l’horizon 2030, l’Accord de Paris sur les changements climatiques et le Pacte mondial sur la migration, auxquels la République de Guinée a pleinement souscrit.

 

Bien qu’elles soient ambitieuses et universellement partagées comme valeurs, ces initiatives de la communauté internationale sont confrontées aux effets de la pauvreté galopante, des conflits et pandémies affectant dangereusement le plein épanouissement des femmes.

 

Madame la Présidente,

Le thème retenu pour cette session revêt une  importance capitale pour mon pays dont la population est composée de 52% de femmes vivant majoritairement en milieu rural où les systèmes de protection sociale sont défaillants, l’accès aux services publics insuffisant, les infrastructures durables quasi inexistantes et l’égalité des sexes handicapée par des barrières sociales.

 

Suite à ce constat, le gouvernement guinéen, sous l’impulsion du Professeur Alpha Condé, Président de la République, Chef de l’Etat a doté le pays de sa toute première Politique de Protection Sociale sur laquelle, il a bâti le Plan National pour le Développement Economique et Social (PNDES) intégrant les objectifs du développement durable.

 

L’un des axes prioritaires de ce Programme national est la réalisation à court terme de l’égalité des sexes dans les domaines de l’éducation y compris l’enseignement spécialisé, de la santé reproductive, de l’hydraulique et de l’énergie, de l’accès aux logements sociaux , à l’emploi, aux TIC tout en tenant compte des besoins des personnes vivant avec le handicap.

 

Madame la Présidente,

Pour la réalisation de ces objectifs majeurs, le Gouvernement fait de l’autonomisation des femmes un véritable levier de développement.

Ainsi, le volume des financements alloués aux femmes a atteint plus de 100 Milliards de GNF sous forme de crédit revolving.

 

Dans le domaine de l’entreprenariat féminin, 20 Centres d’autonomisation modernes ont été construits et équipés,  ou environ 5000 filles/femmes bénéficient de formation dans les filières de la teinture, la broderie, la couture, l’art culinaire, la saponification, la transformation agroalimentaire et l’informatique.

 

Dans le secteur de l’éducation le taux de scolarisation des filles a atteint 86% environ. Quant à celle relative  à l’enseignement spécialisé, des efforts ont été obtenus à travers la promulgation de la loi portant promotion et protection des personnes vivant avec le handicap, la mise à disposition de manuels en braille, la communication en langue des signes et la prise en compte de leur mobilité dans la construction des infrastructures sociales.

 

Dans le domaine de l’emploi, 6.857 femmes ont été recrutées dans la Fonction publique pour la période 2010 à 2018  et 29.663 femmes ont bénéficié de cash  transfert à  travers le Projet Filets Sociaux Productifs.

 

Dans le secteur agricole, 3.314 paysannes ont été formées en techniques améliorées de production agricole et d’étuvage. En termes d’infrastructures 25 magasins de stockage et 86 ouvrages agricoles ont été construits.

 

1.235 hectares de périmètres maraichers ont été aménagés  et  1.785 femmes rurales chefs de ménages ont reçu des kits maraichers.

 

En matière de commercialisation 3.000 femmes ont pu exporter outre Atlantique 65 tonnes de beurre de karité traités et raffinés.

 

Dans le secteur halieutique, 18.754 femmes organisées  en groupements d’intérêt économique ont bénéficié de 70 fumoirs améliorés et d’une dizaine de chambres frigorifiques installées pour la réduction de la pénibilité du travail des femmes et la qualification de leurs produits.

 

Le taux de mortalité maternelle a baissé de 980 à 550 pour 100.000 naissances

 

Madame la Présidente,

Aussi louables que soient ces efforts du gouvernement, force est  de reconnaitre que d’énormes défis restent encore à relever dans notre combat quotidien et universel.

 

C’est pourquoi ma délégation souhaiterait lancer un appel pressant à tous les acteurs concernés par la cause des femmes afin de faire preuve d’efforts supplémentaires pour la réalisation effective de nos objectifs.

 

Je vous remercie.

 

Transmis par la Cellule de Communication du Gouvernement