International : Wang Yi décrypte les relations sino-américaines

Politiques
publié le 17-08-2020 02:55
International : Wang Yi décrypte les relations sino-américaines

Rien ne va plus entre les Etats-Unis et la Chine. Par médias interposés, les deux puissances économiques mondiales se lancent des diatribes et s’accusent mutuellement. Entre les sanctions commerciales américaines, les accusations sur les propriétés intellectuelles, le piratage, le renvoi réciproque de diplomates, la fermeture des consulats, les deux Etats puissants du monde mènent « une guerre froide » qui, selon la Chine, ne contribue pas à la paix mondiale. Cette guerre entretenue par les deux puissances risque d’avoir des conséquences considérables sur la géopolitique mondiale.  

 

Notamment la baisse considérable des “fruits des échanges sino-américains des dernières décennies” comme l’a mentionné le Conseiller d’Etat et ministre chinois des Affaires Etrangères le 5 août dernier dans une interview accordée à l’Agence Xinhua.  Wang Yi ne s’est pas arrêté là. Il a rappelé que “si les dirigeants chinois et américains ont pu réaliser une poignée de main trans-pacifique il y a plus de 40 ans, c’était au fond parce qu’ils ont su observer le principe du respect mutuel, rechercher un terrain d’entente par-delà les divergences et mettre de côté leurs différences idéologiques.

 

D’ailleurs, le diplomate chinois le mentionne dans l’Agence Xinhua: “les deux pays représentent plus d’un tiers de l’économie mondiale et plus de la moitié de la croissance mondiale. Le commerce sino-américain s’est multiplié par plus de 250 par rapport au début de leurs relations diplomatiques et représente désormais un cinquième du commerce mondial. Les investissements dans les deux sens, qui étaient quasiment nuls, ont atteint aujourd’hui près de 240 milliards de dollars US. Cinq millions de voyages sont effectués chaque année entre les deux pays. Les deux pays assument des responsabilités importantes sur presque toutes les questions planétaires liées à la paix et au développement dans le monde. Autant de faits qui ne doivent ni ne peuvent être niés.”

 

Même si les deux pays “demeurent très différents en termes de système social et dans bien d’autres domaines”, ils ont coexisté “en paix et de mener une coopération gagnant-gagnant dans le passé, ne sauraient ni ne devraient les en empêcher dans l’avenir.”

 

 

Poursuivant son intervention, Wang Yi dira que : “la coopération sino-américaine n’a jamais été une aumône pour l’un ni une privation contre l’autre. La Chine comme les États-Unis en ont tous les deux énormément bénéficié. Ni l’un ni l’autre n’a été pénalisé ou n’en a tiré indûment profit.

 

D’ailleurs, persiste-t-il, “les relations économiques et commerciales sino-américaines ont soutenu 2,6 millions de postes d’emploi aux États-Unis, et le commerce avec la Chine a permis à chaque ménage américain d’économiser en moyenne 850 dollars US par an. Au total, plus de 70 000 entreprises américaines sont actives en Chine avec un chiffre d’affaires annuel de 700 milliards de dollars US, et 97% d’entre elles sont rentables.

 

Cependant, déplore-t-il : “actuellement, les relations entre la Chine et les États-Unis sont confrontées au défi le plus sérieux depuis le début de leurs relations diplomatiques, et leurs échanges et coopération dans différents domaines sont gravement perturbés. »

 

Mais, prévient M. Yi : « la Chine ne laissera pas ces tentatives aboutir. Nous nous opposons fermement à la fabrication d’une prétendue « nouvelle guerre froide », car cela va complètement à l’encontre des intérêts fondamentaux des peuples chinois et américain et du courant du développement et du progrès dans le monde. »

 

 Interrogé sur le climat qui prévaut à Hong Kong depuis l’adoption de la loi sur la sécurité de cette mégapole chinoise, le ministre chinois des Affaires étrangères dira aux détracteurs de la Chine que « Hong Kong fait partie intégrante du territoire chinois. Les affaires de Hong Kong relèvent des affaires intérieures de la Chine. La non-ingérence dans les affaires intérieures d’autrui est un principe fondamental des relations internationales. Aucun pays ne tolérera la violation de sa souveraineté et de son intégrité territoriale. »

 

Sur la fermeture des consulats de Houston et de Chengdu, Wang Yi rappelle que « le Consulat général de Chine à Houston est le premier consulat général que la Chine a ouvert aux États-Unis après l’établissement de leurs relations diplomatiques. Il est depuis lors un symbole important de l’amitié sino-américaine. »

 

Aujourd’hui, malgré la grande différence qui existe entre eux, la Chine et les Etats-Unis devraient « essayer de trouver des points communs pour assurer un nouveau départ à leurs relations bilatérales » comme le mentionnait le président Nixon en 1972 lors de sa visite en Chine. Il y va de l’intérêt du monde.

 

 

Amadou Kendessa Diallo

Journaliste Guinée Conakry
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