LUTTE CONTRE LA COVID-19 : Le Collectif des « six » vole au secours des médias publics et privés

Politiques
publié le 15-08-2020 12:18
LUTTE CONTRE LA COVID-19 : Le Collectif des « six » vole au secours des médias publics et privés

Sortis guéris du Coronavirus, les premiers journalistes atteints de cette pandémie ont décidé de mettre en place un collectif dénommé « les 6 » pour contribuer à la lutte contre le Covid-19 qui fait des victimes dans le monde surtout en Guinée. Le vendredi, 14 août dernier, ils ont offert un important lot de kits sanitaires et de masques de protection individuelle aux différentes structures médiatiques.

Au total 5000 masques et 1100 gels hydroalcooliques vont être répartis entre les médias publics et privés de la capitale, mais également ceux de Kindia et Mamou qui ont été frappés de plein fouet par la pandémie.

S’agissant du partage, 1000 masques et 200 gels hydroalcooliques sont destinées à l’Union des Radiodiffusions et Télévisions Libres de Guinée (URTELGUI), 500 masques et 100 gels hydroalcooliques à l’Association Guinéenne de la Presse en Ligne (AGUIPEL), 400 masques et 60 gels à l’Association Guinéenne des Editeurs de la Presse Indépendante (AGEPI), 300 masques et 60 gels au Réseau des Médias sur Internet en Guinée (REMIGUI), 200 masques et 60 gels à l’Union de la Presse Libre de Guinée (UPLG), 200 masques et 60 gels à l’Association des Professionnelles Africaines de la Communication (APAC), 200 masques et 60 gels au Syndicat des Professionnels de la Presse Privée de Guinée (SPPG). Les médias publics ont, eux, reçu 1000 masques et 300 capsules de gels hydroalcooliques. Quant aux 1000 masques et 200 gels restants, ils seront acheminés à l’intérieur du pays.

Dans son intervention, Aboubacar Diallo, le porte-parole du collectif, a renouvelé sa gratitude à l’ensemble de la presse pour l’élan de solidarité dont les membres du collectif ont bénéficié suite à leur contamination au COVID-19.

« Nous avons été les premiers à être atteints par la maladie dans un contexte de psychose généralisée. A l’époque, quand on apprenait que quelqu’un est atteint du COVID-19, on pensait directement à la mort. Mais les contextes ont changé. Aujourd’hui, on sait que le taux de natalité de cette maladie est l’un des plus faibles. Donc, on estime que l’on peut être reçu dans un centre de traitement et en ressortir guéri », dira-t-il. Poursuivant, Il a expliqué que cette initiative a été déclenchée depuis le centre de traitement épidémiologique (CTEpi) de Donka où ils ont séjourné durant leur convalescence.

« Dans le plan de riposte, tel que conçu par le gouvernement, sauf erreur de ma part, la presse a été le maillon qui n’a pas été pris en compte, ni en terme de soutien financier, ni même en terme de distribution de kits sanitaires. Nous avons posé le problème à l’ANIES qui nous a promis de nous accompagner, ce qui n’a pas encore été fait. Pour autant qu’ils ne peuvent pas communiquer sans la presse, pour autant que nos journalistes et reporters sont tout le temps sur le terrain, exposés à cette maladie. Donc c’est sur cette base là que nous avons mis en place cette initiative”, ajoute-t-il, avant de rappeler la réalisation de capsules de témoignages vidéos et d’articles de presse individuels sur 6 thématiques pour des fins de sensibilisation sur l’automédication par Aboubacar Diallo, Mohamed Mara sur le Covid-19 dans les médias, Lamine Mognouma Cissé sur les gestes barrières, Mamadou Oury Diallo sur le dépistage, Moussa Yéro Bah sur la santé de la reproduction en rapport avec la COVID-19 et Boubacar Sanso Barry sur les réticences face à la pandémie de Covid-19.

« Nous avons commandé aussi des denrées alimentaires pour les trois derniers journalistes qui ont été atteint de COVID-19 à Conakry, mais qui n’avaient pas bénéficié d’assistance comme nous. Il y a aussi 9 journalistes de Kindia et d’autres de Mamou », a-t-il martelé.

Au nom de la presse privée, le président de l’URTELGUI s’est félicité de l’initiative, avant d’indiquer : « Nous le savions à l’URTELGUI, que tôt ou tard, ils allaient faire cet acte en faveur d’autres confrères, d’autres victimes », a rassuré Sanou Kerfalla Cissé.

Très marqué par la solidarité qui existe entre les médias, le Directeur général de la Radiodiffusion Télévision Guinéenne a, au nom des Directeurs généraux des médias publics expliqué que ce geste, au-delà d’être un réconfort, véhicule un message fort dans la lutte contre cette pandémie.

« Cette cérémonie est très importante en ce sens qu’elle est pour nous, directeurs généraux des médias publics, une cérémonie de réconfort et d’espoir. De réconfort de vous voir nous revenir en bon état de santé. Votre geste d’aujourd’hui s’inscrit justement dans cette dynamique de solidarité vis-à-vis de vos collègues qui sont aussi passés là où vous étiez ou qui sont encore internés là où vous étiez. Vous avez fait plus qu’un malade, parce que vous avez scruté les gestes, tous les faits, les plus petits, les plus grands, ceux du personnel soignant, ceux du personnel d’encadrement de ces centres, ceux des malades. Vous avez porté ces témoignages qui ont permis de modifier beaucoup de comportements au niveau de ces centres de traitement. Par la suite,  quand vous êtes sortis, vous avez pris vos plumes, vous avez écrit des tribunes à tour de rôle avec une orchestration qui a facilité la pédagogie avec laquelle chacun de nous devrait apprendre beaucoup de cette maladie. Dans lesquelles tribunes vous avez abordé aussi tous les aspects liés à cette maladie. Ce sont des gestes certes anodins pour certains, mais pour nous qui savons jusqu’à quel point nous sommes exposés, nous sommes en première ligne, nous sommes fragiles, nous avons compris par-là que vous apportez une aide importante à la corporation. Plus que les masques, plus que les gels, plus que d’autres moyens de prévention, les messages dissimulés ou révélés qui accompagnent ces gestes importent beaucoup plus. Ces masques ne viennent pas de n’importe qui. Ce sont des masques qui viennent des leaders d’opinions. Partout où on parlera de ces masques, on dira oui, ceux qui les ont offerts sont des personnes connues. Ces personnes-là ne viendront pas nous raconter du cinéma, c’est du vécu qu’elles viendront nous conter. C’est ce qui, à mes yeux, paraît plus important que les masques que nous avons, que les gels hydro alcooliques que vous envoyez. Ce don sera réparti dans tous les services. Toutes nos structures en bénéficieront », dira entre autres Sékouba Savané.

Youssouf Hawa Keita