Hôpital ANAIM de Kamsar : « Aujourd’hui, nous faisons près de 400 mille accouchements par an dont 750 césariennes », dixit Cheick Ahmed Doumbouya

Politiques
publié le 05-03-2020 02:03
Hôpital ANAIM de Kamsar : « Aujourd’hui, nous faisons près de 400 mille accouchements par an  dont 750 césariennes », dixit Cheick Ahmed Doumbouya

Lors d’une récente visite dans la cité industrielle de Kamsar, nous avons rencontré M. Cheick Ahmed Doumbouya, administrateur général de l’hôpital ANAIM, qui a bien voulu nous accorder une interview au cours de laquelle il a parlé de sa structure sanitaire, sa capacité d’accueil, sa performance et les perspectives. Interview.

Parlez-nous de l’hôpital de l’ANAIM de Kamsar ?

C’est un hôpital de référence comme on aime à le dire. Il est placé sous la tutelle de l’Agence National d’Aménagement des Infrastructures Minières (ANAIM), et fait partie de ces infrastructures minières dont l’objectif est de satisfaire  les besoins sanitaires des travailleurs de la CBG et les ayants droit. De nos jours, avec l’agrandissement de notre périmètre minier, vous avez aujourd’hui 14 sociétés qui évoluent dans ce corridor.  En plus, vous avez toutes cette population qui est passée de près de 73 mille personnes à l’époque, à plus de 450 mille. Tandis que le périmètre de l’hôpital n’a pas augmenté. Donc, pour répondre aux besoins sanitaires de toutes ces sociétés y compris la population, plus le bailleur de fonds qui est la CBG qui nous finance à hauteur pratiquement de près de 3 points 5,  ce n’est pas une chose facile. Alors l’ANAIM était obligée non seulement de faire une extension au niveau de l’hôpital ANAIM Kamsar et désengorger l’hôpital de tous ces fardeaux, a pensé en collaboration avec la CBG, à réaliser un autre centre de santé pour pouvoir répondre aux besoins sanitaires des populations riveraines.

Il y a eu beaucoup d’investissements sur ce secteur. Aujourd’hui à l’hôpital ANAIM Kamsar, nous avons pensé non seulement à faire une extension d’urgence de la chirurgie, médecine, la maternité,  pédiatrie, parce qu’aujourd’hui, nous faisons près de 400 mille accouchements  par an dont 750 césariennes.  Nous sommes la seule structure qui applique véritablement la politique du Président de la République en matière de la gratuité de césarienne. Nous avons un manque à gagner de près de 4 milliards de franc guinéen par an. Mais nous essayons de faire nos possibilités pour répondre à la politique du Président de la République. Et vous voyez à cause de ça, même les Bissau-guinéens viennent accoucher ici. Notre nouveauté aujourd’hui dans le cadre d’intégrabilité entre les différents départements, c’est-à-dire entre le Ministère de la Santé et le Ministère de l’Administration du Territorial et de la Décentralisation pour que toutes les naissances et tous les décès soient automatiquement enregistrés.  Nous avons mis un service  d’administration civil au niveau de l’hôpital, et  aucune naissance ne  se passe à l’hôpital sans qu’un extrait de naissance ne soit libéré. Aujourd’hui, tous les décès sont aussi automatiquement enregistrés. Donc, de nos jours, les naissances et les décès sont enregistrés de façon instantanée  au niveau de l’hôpital ANAIM de Kamsar de façon systématique.

Et comme vous le savez, nous sommes dans la perspective avec le DG, d’investir  dans les équipements. Cette année, plus d’un million deux cents mille USD pour renforcer davantage l’hôpital ANAIM Kamsar et le rendre un hôpital de référence ; pas un hôpital de référence au niveau national, mais au niveau sous régional.

L’autre perspective, c’est de faire en sorte que l’hôpital soit au centre  à l’image des rails, du port. On aurait souhaité que l’hôpital soit utilisé comme étant un outil au service de toutes les sociétés minières de la place qui viendront et qui apporteront des subventions pratiquement au même titre que de la CBG.

Quelle est la capacité d’accueil de l’hôpital ANAIM de Kamsar ?

La capacité d’accueil est de 145 lits.  Ici, nous traitons tous ceux qui sont cardiovasculaires, mais nous sommes beaucoup plus spécialisés en matière de traumatologie. Nous avons  un système de diagnostic  très performant. Nous avons le scanner le plus performant de la République de la Guinée. Nous sommes encore dans la perspective de se doter l’IRM et nous avons des experts expatriés qui sont vraiment au top. Nous avons sept  expatriés qui évoluent dans les secteurs différents, à savoir radiologie,  traumatologie, anesthésie, aux urgences, en cardiologie,  chirurgie, maternité. Nous avons 4 Tunisiens qui ont été recrutés à l’extérieur pour épauler les Guinéens. Et l’autre élément qu’il faut ajouter,  comme vous le savez, c’est mettre le centre de dialyse. Nous avons près de 17 malades qui ont fait plus de 16 ans au Maroc. Et quand on est dialysé, on ne peut  pas se déplacer, on est condamné à vivre avec.

Vos perspectives ?

Nous sommes dans un projet de réalisation d’un  centre de dialyse avec une société tunisienne. La convention a été déjà signée. Nous sommes dans cette perspective.  L’ANAIM doit réaliser les travaux de construction et la gestion va être assurée par une entreprise qui à mettre en place.  Mais en attendant,  on a été  contacté par une société française du nom de HI TECH, qui est intéressée.  Ils nous ont dit qu’ils veulent réaliser leur projet pilote à Kamsar. Comme première exigence, ils ont juste besoin de 200 m2 pour s’installer. C’est une nouvelle technologie avec de l’énergie renouvelable. 

Thierno Kalifatou Doumbouya