Détention de Lansana Camara : des patrons de presse demandent sa libération

Politiques
publié le 02-04-2019 06:36
Détention de Lansana Camara : des patrons de presse demandent sa libération

Les patrons de presse guinéenne à la fois présidents des différentes associations de presse ont tous demandé ce mardi 2 avril, la libération du journaliste Lansana Camara, Directeur de publication du site conakrylive.info,  détenu à la maison centrale de Conakry depuis près d’une semaine.

Ils l’ont fait savoir ce mardi lors de la marche de la colère organisée par les organisations professionnelles des médias de Guinée. Ils demandent aussi le respect de la loi L002 du 22 juillet 2010. Lisez !

Ibrahima Koné, Directeur général adjoint et du développement du quotidien national Horoya : « Nous sommes là ce matin devant le Ministère de la Justice pour demander la libération de Lansana Camara, parce qu’on se dit qu’il y a objection à la loi guinéenne. La loi L02 qui stipule que toute diffamation en matière de délit de presse n’est pas condamnable. On ne voit pas quel magistrat qui a pu ordonner le dépôt de notre collègue pendant une semaine. Et on a tapé à toutes les portes pour qu’on le libère, mais hélas.  Parce que la loi n’est pas respectée et c’est ce que nous interpellons aujourd’hui. La presse est la rue pour montrer à  l’opinion nationale et internationale, dire au chef de l’Etat que les gens qui sont là fatigue le gouvernement, le journaliste ne fait que son travail. Et aujourd’hui on dit plus de corruption en Guinée, si on doit faire des enquêtes, montrer les résultats, et si il y a des plaintes contre le journaliste après tout ça, mais on ne peut l’emprisonner pour des délits, là il a écrit, il n’a pas insulté. La liberté de la presse fait partie des piliers de la démocratie et la Guinée est un pays démocratique. Je pense bien que le chef de l’Etat ne va pas admettre que la Guinée rétrograde, au temps du Pr Alpha Condé, justice sera faite »

Amadou Tham Camara, président de l’AGUIPEL : « Cela nous inquiète de plus en plus, il y a d’autres affaires qui concernent d’autres journalistes, ça fait beaucoup. Et toute les fois qu’il s’agit des cas d’investigatio, il concerne des journalistes et là soit il y a emprisonnement, soit il y a condamnation. Ça veut dire qu’on ne veut pas des journalistes d’investigation dans ce pays qu’on on en dise. Et ça veut dire aussi  qu’on encourage la mal gouvernance. Parce que sans journaliste d’investigation il n’y a pas de bonne gouvernance. Et nous sommes inquiets  lorsqu’on met les journalistes en prison. Qu’est-ce qu’on veut montrer ? Est-ce qu’on veut la démocratie ou pas ? Parce que la liberté de la presse est une liberté consacrée et la loi sur la liberté de la presse est très claire, en matière de diffamation il y a pas de détention préventive, c’est très claire. Donc, cette décision qui a été prise c’est une décision illégale, il faut que Lansana Camara soit libérer. Nous avons interjeté appel,  nous espérons que nous aurons gain de cause. Il faut que Lansana  soit libérer parce que nous sommes inquiets par rapport à la situation qui prévaut et il n’est pas normal qu’un journaliste soit incarcéré par ce que tout simplement il y a eu un cas de diffamation »

Sanou Kerfalla Cissé, président de l’Union des Radios  et Télévisions Privées de Guinée (l’URTELGUI) : « Voir jusqu’à nos jours, une semaine  un individu qui n’est pas un malfrat de surcroit un journaliste le mettre en prison pour des faits qui n’en valle  vraiment pas la peine, nous reste perplexe, nous inquiète et nous préoccupe à plus d’un titre. Nous sommes mobilisés aujourd’hui pour le respect de la loi L002 du 22 juillet 2010. Il s’agit là d’une loi organique qu’on est en train de violer et par qui, de surcroit par les magistrats de la république .je suis surpris, cette loi n’a rien à avoir avec une loi ordinaire, les délits de presse sont dépénalisés en république de Guinée. La sanction elle ne peut être que pécuniaire, elle ne peut pas être une sanction  de détention (…) A un moment donné, il faut qu’on dise stop et ce stop là c’est ce qu’on a entrepris aujourd’hui. Dans les jours à venir d’autres actions seront envisagées, nous n’exclurons pas de faire des déclarations connues adressées non seulement au ministre de la sécurité, à la direction nationale de la police judiciaire … ».

Balla Yombouno